Quand j’étais petite... c’est une longue histoire... Que je vous raconterai peut être un jour.

J’arrête l’école, je pars en Espagne, suivre des cours de dessins.

Je travaille dans l’atelier du sculpteur René Coutelle, je découvre la lumière.

L’aînée a 4 ans, je fais des sculptures en papiers-machés.

Premiers collages mobiles entre déconstruction et construction.

Je photographie les traces du sol.

Installations/exposition chez l’autre, avec/dans/ hors. Un sas de décompression prémice aux métas-forts des sous-venirs radio-actifs.

De quel lien parlons nous ? Celui qui attache ? Celui qui rend plus fort ? Celui qui étouffe ? Celui que nous construisons ?

En attendant je peins.

«L’oeuvre de Dorothée doit être vue et lue simultanément. C’est un long récit que l’artiste déploie dans des centaines de créations qui (se) jouent souvent des lettres et des mots. Elle se sert de tous les signes d’une écriture protéiforme qui rappelle celle des peuples anciens, pour raconter notre histoire à tous et celle de chacun d’entre nous, des cycles de nos vies, des jouets aux vieux meubles fréquemment employés par l’artiste, du ventre de nos mères jusqu’au ventre de la Terre.
Le peintre se fait ethnologue pour ré-interpréter de nombreux symboles qui se rapprochent graphiquement du Japon ou bien de l’Afrique, le continent de toutes les origines. Ainsi les techniques omniprésentes de l’encre et du collage de matériaux divers concourent à ce rapprochement . Tout autant que la référence à une sexualité comme rite de passage nous distinguant de l’Autre pour mieux le reconnaître. Quant au principe de création qui prévaut dans des dizaines de pièces c’est celui du palimpseste, consistant à réutiliser des supports et des écrits antérieurs, signifiant le patient travail de mémoire que Dorothée nous oblige à faire afin de ne pas oublier que nous venons tous du même endroit. L’artiste est ici pleinement dans son rôle de passeur d’un matrimoine universel.» M. L.